Mardi 30 mai 2006

La lutte biologique a fait appel de nombreuses fois à l'utilisation de coccinelles. On peut même dire que le succès de cette méthode de lutte alternative s'est fait grâce à ce prédateur. Ainsi, à la fin du 19ème siècle, dans les vergers d'agrumes de Californie, la cochenille Icerya purchasi (Maskell) fut contrôlée de façon spectaculaire par l'introduction d'une coccinelle originaire d'Australie Rodolia (Novius) cardinalis (Mulsant). Cet exemple historique ainsi que d'autres plus contemporains tendent à prouver qu'il est possible de pallier les insuffisances de la lutte chimique de manière efficace (impacts sur l'environnement, phénomène de résistance).

 

            Dans son siècle d'existence, la lutte biologique a pris trois formes différentes. Ces approches ont chacune un potentiel et possèdent certainement un rôle dans les efforts menés pour réduire l'utilisation de méthodes chères et néfastes pour l'environnement dans la gestion des nuisibles.

 

La lutte biologique classique : on fait appel à un entomophage (qui mange les insectes) ou à un agent pathogène exotique contre un ravageur précédemment introduit ou parvenu naturellement d'une autre région du globe. En cas d'acclimatation réussie et d'efficacité suffisante, la lutte biologique «s'effectue toute seule», l'auxiliaire devenant un agent efficace et permanent (sur de nombreuses années au moins) dans la répression du ravageur. (Définition de l'Organisation Internationale de Lutte Biologique). Le cas de Rodalia (Novius) cardinalis entre dans cette catégorie. Toutefois, ce type d'introduction est l'objet de nombreuses controverses du fait des possibles effets non-intentionnels sur l'environnement et les espèces natives. Dans notre cas, Harmonia axyridis (Pallas), originaire d'Asie, reste l'exemple le plus frappant.

 

Lâchers inondatifs : il s'agit de lâchers d'individus indigènes provenant d'élevages industriels. Cette approche a montré des résultats prometteurs dans des vergers de pommiers en Suisse et en Belgique. Les coûts des élevages en masse sont encore trop élevés aujourd'hui pour rendre les lâchers inondatifs économiquement acceptables pour les arboriculteurs. Par contre cette méthodes s'avère très efficace en serre ainsi que sur les colonies de pucerons présentes sur rosiers ou sur autres plantes de nos jardins. En grande culture, le nécessaire développement de cette stratégie implique évidemment une compatibilité accrue entre les différents procédés de lutte simultanément mis en oeuvre dans le cadre du concept de protection intégrée. Protection intégrée définie comme un système de lutte contre les organismes nuisibles qui utilise un ensemble de méthodes satisfaisant les exigences à la fois économiques, écologiques et toxicologiques, en réservant la priorité à la mise en oeuvre délibérée des éléments naturels de limitation et en respectant les seuils de tolérance (définition de l'OILB).

Modification des agroécosystèmes (terme désignant les divers milieux naturels modifiés par l'homme pour les utiliser à des fins de culture ou d'élevage intensif) : le but de cette méthode est d'attirer de manière durable les espèces locales, soit en le complexifiant soit en y ramenant  une partie de la végétation d'origine. Ainsi l'utilisation de bandes fleuries dans les vergers jouerait un rôle de réservoir à coccinelles en les attirant et en les maintenant lorsque les populations de pucerons sont faibles dans les arbres. Cette méthode est prometteuse mais possède des limites en arboriculture. En effet, dans les vergers, ces aménagements font généralement augmenter le nombre de coccinelles dans la strate herbacée, mais pas dans la canopée des arbres.

                                          Photo : Vincent

 

            L'utilisation de coccinelles dans la lutte contre les pucerons offre des perspectives intéressantes. Dans notre jardin ou dans nos vergers, les bêtes à bon dieu resterons plus que jamais un allié de choix et efficace!

Par Frédo - Publié dans : Lutte biologique
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Commentaires

Je n'ai qu'un balcon hélas mais je suis envahie par les pucerons. Impossible d'avoir un rosier. Si j'achète des coccinelles elles resteront sur mon balcon ?
Commentaire n°1 posté par MichÚle le 02/06/2006 à 23h14
Bonjour Michèle,

Pour lutter contre les pucerons, les coccinelles sont très efficaces à condition qu'elles soient au stade larvaire. En effet, le seul objectif des larves de coccinelle est de manger assez de pucerons pour pouvoir se nymphoser et donc, se transformer en adultes. Par contre, une fois adultes leurs  préoccupations changent: elles privilégient la recherche d'un partenaire pour se reproduire et d'une colonie de pucerons bien dodus pour y pondre des oeufs.

Pas de problème donc, si vous utilisez des larves de coccinelle pour éliminer les pucerons de votre balcon. Les espèces Adalia bipunctata et Coccinella septempunctata sont très efficaces et ne présentent aucun danger pour l'environnement puisqu'elles sont présentes naturellement en Europe.
Réponse de EcoCcinelle le 07/06/2006 à 12h59

un petit article qui nous permet d'y voir un peu plus clair niveau lutte contre ces sales bêtes de moucherons...


de façon plus globale, c'est un site bien intéressant, donc coup de chapeau à l'équipe (en plus, Frédo progresse en orthographe ;) je te taquine)


donc un grand merci à tous, et à bientôt


dès que j'ai une nouvelle blague, je vous la fait parvenir

Commentaire n°2 posté par tadam85 le 14/07/2006 à 17h56

Bonjour,


Très interressant ces articles. Mon jardin et mes rosiers sont truffés de moucherons. Question : ou puis-je acheter des coccinelles d'élévage (dans la région parisienne ou sur internet) ?

Commentaire n°3 posté par julien le 30/04/2007 à 10h53
C'est le Dr Raymond POUTIERS qui fut le premier en France avec son épouse Jeanne, sur la côte d'azur, à acclimater cette coccinelle à l'insectarium de Menton situé Villa Yado, juste après la première guerre mondiale.

Des scientifiques du monde entier venaient voir sur place ses recherches et s'initier à ses expérimentations.

Cela donna naissance plus tard au service de la protection des végétaux dont il prit la Direction, Pierre Pflimlin étant Ministre de l'Agriculture.

Raymond POUTIERS, Docteur Es-Sciences, Docteur en Physique et chimie, et Docteur en Médecine a publié de très nombreux livres de parasitologie que l'on trouve encore sur Internet dans la catégorie Livres anciens.

Le Dr Raymond POUTIERS est né à Angers le 24 décembre 1886 et est mort à Angers le 30 Aoüt 1970. Il repose au cimetière parisien de Bagneux (Hauts de Seine)

Il lui a été décerné de très nombreuses décorations pour tous ses travaux et découvertes dans lutte biologique entre insectes.

Il reste dans sa famille de nombreuses traces de sa vie, des écrits, des publications, des livres, des photos et même des films réalisés par René Clair.

Commentaire n°4 posté par Jean-Yves POUTIERS le 17/03/2008 à 14h11
bonjour
Je viens de lire le cycle de vie d'une coccinelle mais je n'ai pas vraiment trouvé réponse à mon questionnement. j'ai en ce moment depuis une quinzaine environ tous les 1 à 2 coccinelles dans ma cuisine. Est ce l'époque d'éclosion des coccinelles adultes? pourquoi ne restent-elles qu'une journée dans ma cuisine? je ne les vois plus en fin d'après midi et j'en retrouve d'autres le matin. combien de temps vit une coccinelle adulte?
Commentaire n°5 posté par marie claire le 16/11/2008 à 12h57
Merci pour cet article très très instructif. Je l'ai imprimé pour le montrer à mon club de jardinage biologique. A bas le Roundup, vives les coccinelles!!
Il manque peut être juste un endroit où les acheter, et j'ai trouvé ce site "Jardins Animés" qui en vend, en plus d'autres insectes pour la lutte bio.
http://fr.jardins-animes.com/ecologie-environnement/lutte-biologique-c-15_47.html

sophie.
Commentaire n°6 posté par Sophie le 02/02/2009 à 11h04
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